Chrétien lycéen, pourquoi pas ?

Lycéen et Chrétien, pourquoi pas ? Par Léa d’Elne

Avoir et pratiquer une religion, croire en quelque chose qui quelque part nous dépasse, c’est compliqué à assumer à tout âge de la vie, mais tout particulièrement au nôtre.

Au lycée, avec nos amis, ou même nos professeurs, ce sujet de conversation peut devenir gênant.
En cours quand on parle de religions et qu’un débat se crée, est-ce qu’on peut se permettre d’y participer sans paraître «fanatique» ou tout simplement bizarre? Ou encore peut-on en parler à nos amis, si profondément athées, «parce que les religions sont bien évidemment une invention de l’Homme faite pour se rassurer» ?

Dire à nos nouveaux amis que l’on est chrétien est plutôt fastidieux. Du coup, on a plutôt tendance à «oublier» de le faire, jusqu’au moment où on n’a plus réellement le choix.

Alors on tente tant bien que mal de leur expliquer que oui on va à l’aumônerie, et que oui ça a changé depuis l’époque où tes parents y étaient… Et même si on essuie quelques remarques dont on se passerait bien, dans l’ensemble, les réactions sont bonnes !

Les aventures vécues à l’aumônerie m’ont énormément aidée à assumer ma religion, à faire face aux questions des autres, bienveillantes le plus souvent, ou même aux miennes ! Aujourd’hui, je suis même fière de dire que oui: je suis chrétienne (et c’était pas gagné au début…). En tant qu’ adolescent(e), il y a quelque chose de rassurant à se dire qu’on n’est pas tout seul, que l’on est accompagné à toute étape, bonne ou moins bonne, de notre vie, que ce soit par nos amis « aumôneriesques »(oui oui) ou par l’Esprit Saint… Et peu importe la difficulté à laquelle on doit faire face, étant chrétien et lycéen, on pourra toujours la surmonter, grâce à l’aide fournie par nos amis, et évidemment par notre foi.

Alors oui… Proclamer au milieu de sa classe, debout sur une table que l’on est chrétien n’est peut-être pas la meilleure idée pour ne pas paraître extrémiste (et un peu fou), mais parler à nos camarades de notre religion (un peu plus discrètement que la manière énoncée plus tôt… s’il vous plaît…) est déjà un bon début ! Après tout, chrétien et lycéen, pourquoi pas ?

Lycéen et Chrétien, pourquoi pas ? Par Priscilla de Saint-Martin

La vie chrétienne en tant que lycéenne n’est pas toujours évidente. Il faut savoir gérer ses études et sa foi. Affirmer le choix de sa religion auprès de ses amis n’est pas chose facile, ne serait-ce que pour en parler. Aussi, avoir l’envie de témoigner de notre foi  est un signe de confiance en Dieu et de conviction en sa foi. Pour faire part de sa vie chrétienne, il faut choisir le bon moment, les bons mots, et savoir faire face aux préjugés.
La foi occupe une place très importante dans ma vie de lycéenne chrétienne. C’est un capital indispensable pour avancer dans une vie pas toujours facile. Souvent, il est très difficile de trouver du temps pour pratiquer ses activités chrétiennes. On peut être amené à savoir tout laisser pour vivre sa foi. Il faut  souvent faire un choix entre ses études, ses loisirs, sa vie de famille et sa foi. Un choix judicieux s’impose. L’on doit pouvoir accorder une petite place à chaque occupation.
Les moments de partage entre jeunes chrétiens (rencontres d’aumônerie, journées de partage, pèlerinages, …) sont très ressourçants. Ils permettent de retrouver des jeunes qui vivent les mêmes difficultés dans leur vie chrétienne. On ne se sent pas seul, cela nous rend plus fort et plus convaincus dans notre foi.
En Novembre 2015, j’ai reçu un sacrement important dans ma vie, celui de la Confirmation. Ce sacrement m’a permis de concrétiser l’achèvement de mon parcours de chrétien pour me porter témoin du Seigneur. Lors du sacrement, j’ai ressenti une forte émotion, un changement en moi. C’est une expérience à vivre car suite à ce sacrement l’on se sent plus fort, l’on voit et l’on vit les choses autrement. L’Esprit Saint est vraiment présent en nous. Alors chrétien et lycéen pourquoi pas ?

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Noémie de Casteil

Croire en Dieu à 17 ans, quand le principal sujet de conversation est : « c’est qui, le beau gosse qui vient de passer ? », ou quand vos amis vous traitent -affectueusement bien sûr ! de bonne sœur -, ça n’est pas forcément évident ! On nous colle une étiquette de « coincé » ou «  fermé d’esprit » et on finit souvent par se décourager, se renfermer sur soi-même ou au contraire à renier sa foi par peur ou pour être comme tout le monde. On se laisse entraîner, on oublie ce qu’on est, ce en quoi on croit et avouons-le : on a honte.
Honte d’aller à la messe le dimanche, honte de parler dans le silence à un Dieu qui ne répond pas. Ou bien, on a honte de ne pas assumer sa foi ! Moi, j’ai décidé d’oublier la honte. J’ai décidé d’assumer qui je suis. Et vous savez quoi ? On me respecte bien plus !    Il est tellement facile de se moquer de quelqu’un qui a peur de ses propres convictions !   Alors que quelqu’un qui est solide, qui refuse de penser comme tout le monde, qui accepte de répondre aux questions de la foi : on le respecte. On veut en savoir plus, on veut savoir qu’est-ce qui lui donne la force d’assumer sa différence. Et cette force, c’est Dieu qui la donne. Or qui parle de Dieu aux jeunes ? Les adultes évitent d’en parler en général, presque par pudeur, pour ne pas les « endoctriner » ou faire vieux. Les jeunes sont curieux, ils aimeraient souvent qu’on leur parle de ce Dieu mystérieux taxé de ringard qui anime pourtant tellement de cœurs. Mais ils n’osent pas demander, ou il demande en étant blessant, en faisant de la provocation. Qui est-ce qui parle le mieux de la foi, qu’un ami sympa de notre âge sur qui l’on peut compter et qui est vrai avec lui-même et avec les autres ? Eh oui ! Pour parler de Dieu il n’est pas forcément nécessaire de prendre un haut-parleur, de proclamer l’Evangile au beau milieu de la cour et de finir martyr ! Notre amitié claire et franche peut être notre témoignage de l’amour de Dieu.

Alors ?
On n’ose pas croire en Dieu quand on a 17 ans ?
Chrétien et lycéen, après tout, pourquoi pas !

 

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Anatole de Thuir

Je pense que la foi, chez un jeune, peut être vécue tous les jours. A travers des actes simples, nous pouvons essayer de suivre les enseignements de tolérance, de respect et d’amour transmis par le Christ. La foi peut nous donner parfois une motivation supplémentaire pour aider des personnes qui ont l’air d’être mal, pour faire attention à l’état d’esprit de nos amis. Elle peut également nous porter à comprendre les autres et ce que nous pouvons faire pour les aider. L’Évangile nous ouvre à l’écoute des autres à travers celle du Christ. Mais il est également parfois difficile pour des jeunes d’assumer cette foi, même dans les milieux sensés pourtant être plutôt catholiques. Il est dur de parler, de témoigner, autrement que par des petites choses, tels que parler de certaines rencontres de jeunes, ou de sa pratique personnelle de notre religion. Il est très dur, en tant qu’être humain et en tant que chrétien, de voir la misère de certains. Il est souvent difficile pour les jeunes, pratiquants ou non, de voir des sdf, seuls dans la rue. Les aider est tout aussi dur, car tu t’exposes ensuite à des moqueries, parfois blessantes. Nous avons trop souvent peur d’aider, de peur d’être moqués. Cette peur du jugement des autres nous conduit à avoir ensuite honte de notre côté superficiel et de notre inaction. Notre vie chrétienne manque d’actes de charité, et surtout d’amitié, envers ces personnes que l’on voit, et que l’on n’aide pas. La vie des jeunes chrétiens est aussi animée, enrichie et embellie, par les rencontres que nous faisons dans les groupes d’aumôneries. Les rencontres nous permettent également de mieux comprendre les évangiles.  Une chose intéressante, faite dans de nombreux groupes, est de discuter de nos visions respectives de l’Evangile. Nous apprenons alors à nous ouvrir aux autres et à des points de vue différents. Cette tolérance et cette envie d’apprendre de l’autre est un point que je trouve essentiel dans la vie de tous les chrétiens, notamment des jeunes. Les explications de l’Évangile, faite à la fois par des laïcs et des religieux, est très enrichissante pour nous. La foi se vit également personnellement. Elle nous aide dans nos choix et méditer des paroles de Dieu, ou se recueillir, apporte souvent conseil et réconfort. C’est souvent un îlot de calme, parfois presque submergé par des tempêtes de doute, mais toujours là, réconfortant.


 

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Pierre-Louis de Céret

«Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » Mt 28,19

Quand j’entends ce verset de l’évangile de Mathieu, j’entends le Christ me confier une mission, à moi qui suis  un jeune chrétien. Cette mission, le Christ me demande de l’effectuer chaque instants  de ma vie et notamment au lycée. Pendant toute la journée, que je sois avec quelqu’un de croyant ou non, je l’accomplis même sans m’en rendre compte. Ceci passe souvent par une acceptation des défauts et des différences de l’autre. Le fait que je ne rejette l’autre lui montre l’attachement que j’ai pour lui et dans ce geste que je fais c’est l’amour du Christ que je lui transmets. En effet, dans l’Évangile, le Seigneur me dit que chaque homme est mon frère. Le Seigneur m’apprend aussi à pardonner. Quand je suis en colère contre quelqu’un, un camarade de classe par exemple, et que je ne peux pas garder la chose pour moi sans sans toutefois la divulguer à mes parents, je me confie à  Dieu. Et c’est dans ce petit moment de silence, que je ressens l’amour paternel de Dieu. Le Seigneur devient pour moi un appui et me donne le courage et la force de pardonner. Souvent, on s’interroge sur ma foi, on me demande ce qui me met dans une si grande joie, comment je fais pour croire à des choses pareilles. Même ceux qui me traitent de «moine»  se posent des questions sur la religion et sur ma foi,  et c’est là, que je me rends compte qu’ils ont en eux un vide qu’ils ont  besoin de combler. C’est dans des moments comme ceux-ci que j’accomplis la mission évangélisatrice du Christ. Je prie régulièrement pour eux afin qu’un jour ils rencontrent le Seigneur notre Dieu. «Le chrétien n’est jamais seul !», j’entends souvent les prêtres le dire dans leurs homélies. Moi qui suis un jeune lycéen je vais à l’aumônerie, et je participe également à des pèlerinages avec le diocèse comme à Lourdes ou à Taizé. Quand je fais ces rassemblements de jeunes, je prends conscience que tout un peuple de baptisés me soutient dans ma foi. Cela me ressource et me redonne du courage pour continuer ma mission. Rencontrer et échanger avec des jeunes qui  ont les mêmes convictions que moi, renforce la joie que j’ai d’être chrétien. Comme tout chrétien, j’entretiens une relation personnelle avec Dieu. Celle-ci se fait avec la prière comme la liturgie des heures, la messe et les sacrements. Lorsque j’ai été confirmé, j’ai reçu le Saint Esprit, cette force divine qui me donne la force et le courage de témoigner. Ma confiance en Dieu grandit également lors du sacrement de Réconciliation lorsqu’humblement je demande pardon au Christ.

Jésus, toi qui prêchais aux peuples en Galilée, viens m’aider à annoncer ton amour à mes frères. Amen

 

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Marie de Saint-Estève

Ce n’est pas toujours simple d’assumer sa croyance quand on est lycéen, la peur du regard des autres, celle d’être jugé…, et pourtant la foi nous donne une force incroyable !
J’ai parfois douté, j’avais du mal me sentir à ma place dans une église où je ne voyais pas beaucoup de jeunes. Et puis j’ai découvert Taizé, et une manière de vivre sa foi qui me correspondait, où je me sentais bien.  Taizé c’est prier avec des jeunes de toute l’Europe, pouvoir échanger sur sa vie,  la manière dont on vit sa foi chaque jour…et voir qu’on se pose tous les mêmes questions, qu’on a tous des moments de doute…et ça rassure !
Pour le nouvel an, j’ai participé aux rencontres de Taizé à Rome, et passer une semaine avec quarante mille autres jeunes croyants rien de tel pour renforcer sa foi et puisé en Dieu l’énergie nécessaire pour faire face aux épreuves de la vie, et être là pour les autres quand ils ont besoin de nous.
Vivre ma vie de chrétienne m’a permis de faire plein de belles rencontres, de vivre des choses dont je garderai un souvenir toute ma vie. Dans la vie de tous les jours, croire me permet de me sentir accompagnée, de savoir que je peux me reposer sur Dieu, me confier et puiser en lui la force dont j’ai besoin pour avancer. Lycéenne et chrétienne c’est donc possible et tellement mieux !


 

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Marin de Thuir

J’arrive au terme de mes années lycée, et je pense pouvoir dire qu’elles furent le théâtre d’étapes très importantes de ma construction personnelle. Qu’est devenue ma foi pendant ces années ? Comme chacun je pense, je suis passé plusieurs fois de grands moments de doutes à de véritables révélations. Doute quand les temps sont difficiles personnellement, ou quand la misère, l’adversité, et les malheurs du monde m’apparaissent comme une claque au visage. Mais où Dieu est-il donc, s’il existe ? Et puis lentement se fait en moi le travail de l’Esprit, je sens au fond de moi cette voix chuchotant : « regarde autour de toi ces personnes emplies d’amour qui transforment le monde au quotidien, pour construire la paix, regarde tes amis qui viennent t’aider. C’est là que Dieu est, devient l’un d’entre eux. » Facile à dire. Mais nous avons tous notre pierre à apporter à l’édifice, à notre échelle, par exemple en soutenant un ami dans la détresse, avec un sourire aux sans-abris ou en offrant de notre temps aux malades à Lourdes. Seulement il est difficile d’offrir l’amour au monde sans écouter Dieu, « dialoguer » avec Lui dans la prière. Ce fut là le sujet d’une grande révélation pour moi, pas plus tard qu’il y a quelques mois, à Taizé. C’est dans des moments comme ceux-ci que le Seigneur nous apparaît plus vivant que jamais, comme un ami toujours présent, qui écoute, console et guérit. « Ecouter et transmettre », c’est notre devoir de baptisés, nous ne pouvons laisser nos camarades

ignorer la beauté de la vie selon les Evangiles. Nous devons voir dans chaque dialogue sur la religion avec un non-croyant une question, car oui, l’homme, les lycéens, aspirent à Dieu. A chaque fois que l’on vous dira « Dieu n’existe pas », nous devons entendre « dis-moi où il est ». Et là, il n’y a pas de réponse unique et universelle, mais une réponse propre à chacun d’entre nous, un mot, une phrase qui nous apparaît un jour dans le cœur comme une évidence. La mienne est « Dieu, c’est ce qu’il y a de bon en toi, ton amour pour tes parents, tes amis, c’est ce qui te permet de distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, c’est la satisfaction qui te réchauffe lorsque tu aides les personnes dans le besoin, et chacune des bonnes choses qui emplissent ton existence » et de poursuivre en retournant la question « S’Il n’était pas là, en chacun d’entre nous, la vie ne serait-elle pas un enfer ? Une vie sans but ni pourquoi, livrée à l’égoïsme et au chaos » La vie de chrétien lycéen, c’est une découverte continue de Dieu, et un appel à la partager avec les autres. Je reprendrai enfin cette phrase du Pape émérite Benoît XVI, lancé comme un appel à chacun à l’occasion des rencontres européennes de Taizé à Rome cet hiver : “Chers jeunes amis, le Christ ne vous retire pas du monde. Il vous envoie là où la lumière fait défaut pour que vous la portiez à d’autres”


 

Lycéen et chrétien, pourquoi pas ? Par Julie de Céret

Aïe pas toujours facile d’assumer sa religion à notre âge !
Il faut dire que nous sommes dans une période de notre vie où la tolérance est loin d’être de mise ! Pourtant, la religion peut être acceptée par les autres élèves. La preuve, je suis au lycée et je vis pleinement ma foi.

En général, au lycée, les gens rejettent les personnes différentes, celles qui ont des convictions fortes, des goûts particuliers, ou qui accordent une place importante à Dieu dans leur vie…
Généralement ils font cela simplement parce qu’ils ne comprennent pas ces personnes. La clé, c’est de leur expliquer. Moi, je le reconnais, je n’ai pas toujours assumé ma personnalité, mes idées et mes croyances. Je n’ai pas toujours été très épanouie. Et puis un jour, j’ai fait une rencontre formidable. Cela s’est passé à Lourdes, lors d’un pèlerinage de brancardage. J’ai fait la connaissance d’une dame âgée, Paula. Elle m’a raconté sa vie et m’a dit qu’elle avait été réellement heureuse à partir du jour où elle avait rencontré sa meilleure amie. Il s’agissait d’une jeune fille très renfermée et très timide. Paula, qui avait toujours été très altruiste est allée vers cette jeune fille. Rapidement elles ont sympathisé, elles ont parlé de leurs centres d’intérêt, de leurs envies pour l’avenir, de leur foi…Elles ont commencé à aller ensemble à la messe. Paula a compris à cette époque que sa religion n’était pas quelque chose qu’elle devait cacher. Qu’au contraire, elle devait en parler et  la partager, pour faire des rencontres qui lui correspondaient vraiment.

Son histoire m’a beaucoup touchée et je me suis dit « oui, après tout, pourquoi n’en parlerai-je pas ? ». Assumer tout cela m’a rapproché de mes amis, et m’en a fait avoir de nouveaux !

Je sais aujourd’hui que les préjugés peuvent être combattus sereinement, et encore mieux, qu’ils peuvent être vaincus.  Je profite de ce témoignage pour remercier Paula de tout cœur, car elle  m’a appris que c’est en vivant sa foi et en la laissant grandir que l’on s’épanouit vraiment. Grâce à elle, je suis lycéenne, chrétienne, et parfaitement bien dans mes baskets !